Nous parlions d’automatisme, nous pensions à cette rare faculté de l’être humain d’interpréter une tache […] Il n’est pas nécessaire de partir d’une feuille blanche, car vous ne projetez que ce que vous savez. Si vous partez des taches ou lignes et que vous les lisez par la méthode hallucinatoire automatique, vous pouvez voir des choses qui viennent du désir caché […] Ce qui s’appelait l’automatisme à Paris était la spontanéité, la lucidité de l’idée créatrice… Roberto Matta

Mon travail ne part pas de projets antérieurs, mais d’actions inconscientes. Le travail naît à partir du moment où ressentir et faire sont synchronisés. J’essaie de trouver dans chaque œuvre une dimensionnalité inconnue. Le monde du rêve et de l’imaginaire est présent dans chacune de mes œuvres. Je veux exprimer ces espaces inventés de mon inconscient et cet imaginaire d’enfant qui envahit mes pensées.

Mes peintures ne prennent pas des modèles du monde qui les entoure. Mon travail commence par une tâche, un trait ou un dessin automatique. L’univers observable n’est plus suffisant, les espaces temporels sont présents pour découvrir de nouveaux horizons. Je ne crois pas en une réalité visuelle mais je recherche une réalité basée sur l’inconscient. J’interprète chaque geste de mon travail à partir du rêve, de l’imaginaire, de la magie et de l’irrationalité. Je ne détermine pas l’espace, le temps ou les objets. Les formes traditionnelles sont dépouillées de leur véritable sens. Dans mon travail, un même objet peut avoir plusieurs interprétations et toutes sont correctes.

L’automatisme psychique prédomine et j’essaie d’éliminer au maximum le conscient pendant le processus pictural. Il n’y a pas d’erreurs, il n’y a que des opportunités. Il y a l’idée d’une ligne sensible, qui correspond à un geste aléatoire, irréfléchie et irrégulière. À travers ces taches et ces lignes, des suggestions d’images conduisant à la réalisation d’éléments figuratifs.